Transition énergétique, par Jean-Claude Jaquet

Outre les mesures d’économies d’énergie liées à l’augmentation de l’efficacité énergétique (rendement des appareils, isolation des bâtiments…), il faut convertir rapidement les moyens de production d’énergie existants en processus exempts d’émission de gaz à effet de serre. En effet, la demande en énergie ne va pas diminuer ; toutes les sociétés aspirent légitimement à des conditions de vie convenables.

Une source inépuisable et fidèle depuis des milliards d’années est à même de nous fournir largement l’énergie nécessaire à nos activités : le soleil.

Hormis l’énergie thermique facilement captable et stockable, le soleil peut nous fournir une grande partie de l’électricité nécessaire à nos activités.

En plus de ses usages usuels, elle pourra notamment alimenter les processus de production d’hydrogène pour la mobilité lourde et, bientôt, de carburants issus du recyclage du CO2 en hydrocarbures. En effet les batteries embarquées ne sont qu’une étape intermédiaire; elles sont lourdes et complexes à recycler.

Afin d’alimenter ces processus, il sera nécessaire de produire un maximum d’électricité renouvelable et notamment photovoltaïque. Il existe en Suisse une surface potentielle de captage considérable qui peut être utilisée sans empiéter sur les espaces naturels : les toitures et façades existantes.

Les toits et façades des maisons suisses pourraient produire 67 TWh d’électricité solaire par an (surfaces pondérées).La production d’électricité solaire pourrait donc être multipliée par 25 sans aucun impact sur l’espace naturel.

Pour La Chaux-de-Fonds, le potentiel de production solaire se monte à 226,46 GWh/an en ce qui concerne l’électricité et à 68,65 GWh/an en production de chaleur.

Sachant que la consommation moyenne d’un ménage suisse est de 4’500 kWh/an, les besoins des ménages de la commune pourraient donc être entièrement couverts par le solaire.

Il est par conséquent nécessaire et urgent que les autorités et les distributeurs d’électricité mettent en place des mécanismes véritablement incitatifs afin d’encourager les propriétaires à mettre les surfaces de leurs bâtiments à disposition pour cette production d’énergie.

Malheureusement, à ce jour, de nombreux obstacles freinent le développement de ces implantations :

  • La population consommatrice est essentiellement composée de locataires qui ne sont pas concernés.
  • Les consommateurs finaux d’électricité sont captifs de leurs fournisseurs.
  • Les règlements et permis de construction sont trop stricts.
  • Le site est classé à l’UNESCO.

Il faut donc inciter les consommateurs à favoriser la production et la consommation d’électricité solaire en favorisant, par exemple, la création de coopératives qui loueraient des façades et des toitures pour produire cette énergie.

Elles auraient l’avantage de constituer des communautés de producteurs/consommateurs importants et faire ainsi jouer la concurrence. À noter que Viteos propose déjà la constitution de ces communautés mais sa situation de monopole ne garantit pas les conditions les plus avantageuses.

On pourrait, dans l’idéal, imaginer que les autorités communales initient et gèrent une ou plusieurs de ces coopératives en y intégrant leur parc immobilier.

Si les conditions administratives et financières sont optimalisées, il y a fort à parier que l’intérêt sera grand !

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